Divines






De retour aujourd'hui pour vous parler du film Divines que j'ai vu en avant première lundi dernier en compagnie de l'équipe du film. Comme toujours, je vous invite à lire le synopsis ci-dessous suivi de mon humble avis. Bonne lecture.
A gauche Jisca Kalvanda "Rebecca" à droite Deborah Lukumuena "Maimouna"

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien
Au centre Oulaya Amamra "Dounia"

Le premier long métrage de la réalisatrice Houda Benyamina ne ressemble à aucune des oeuvres cinématographiques traitant de la banlieue que vous avez pu voir défiler sur vos écrans ces cinq dernières années.
Au coeur de ce film nous avons deux gamines explosives, Dounia "la bâtarde" d'ascendance rom, une jeune fille qui dissimule toute sa beauté et son charme sous des vêtements informes, typiquement masculin et rêvant d'une vie paradisiaque ou l'argent coulerait à flots, ou elle roulerait en Ferrari sous d'autres cieux plus bleus.
Elle est accompagnée dans ses rêveries par son acolyte Maimouna une douce et gentil fille d'imam, qui contrairement à Dounia à la chance d'avoir un foyer stable et tout l'équilibre social qui va avec et pourtant...sa fidélité en amitié, cet attachement sincère et pure qu'elle a pour son amie faussent parfois son jugement et ses prises de décision.
Dounia, pour réaliser ses rêves et se hisser au sommet est prête à tout, même à travailler pour le plus grand dealer du coin. C'est ainsi qu'entre en scene Rebecca une jeune femme au caractère bien trempé. Elle a le charisme , la posture et même la violence des trafiquants mâle "classique" si j'osais je dirais même qu'elle est bien plus virile qu'eux car ce bout de femme à ce je ne sais quoi qui inspire terreur et respect à la fois.
Ce film que je m'empresserai d'aller revoir sur grand écran lors de sa sortie en salle le 31 aout prochain a été pour moi une véritable gifle de sincérité. 
Il a su me prendre aux tripes et me ravir alors même que j'y allais sans rien en attendre de spécial. Ce bijou au scénario incisif servi par des acteurs bouleversants, tombe à point nommé. 
La réalisatrice réussit avec brio une inversion de genre qui aurait pu s'avérer périlleuse. 
En effet, au de la du fait que tous les personnages clé de ces histoires entremêlées sont des femmes, il faut composer avec leurs traits de caractère que l'on attribue systématiquement aux personnages masculins en général. Dounia est une sorte de chat/lion, un félin à huit vies espèce dangereuse de femme qui retombe toujours sur ses pattes, qui ne lache rien, qui encaisse les coups et les rends cent fois mieux. 
Maimouna est d'une bonté, d'une douceur et d'une bienveillance très maternelle. Rebecca quant à elle est un savant mélange de Tony Montana et de Grace Jones. Des filles aux caractères bien trompé qui m'ont poussé à conclure que le véritable rôle féminin de l'histoire incombe à Guidji, ce danseur hip hop que Dounia espionne et admire secrètement depuis les cintres de la salle locale. Il incarne magistralement la fragilité créative, cette émotion que l'on attribue souvent aux femmes comme pour conforter cette idée reçue de sexe faible. Il est à la fois chasseur et chassé mais c'est Dounia qui donne le tempo.
Kevin Mischel "Djigui" 

Que dire de l'inventivité de la réalisatrice ? Houda Benyamina déjoue tous les fondamentaux de l'univers masculin en peuplant son oeuvre de femme forte tout en faisant un clin d'oeil à des personnages mâle que nous avons croisé ci et là dans des films culte. Elle a tant et tellement réussi à magnifier ses personnages que même la banlieue ou ces derniers émergent et vivent, n'est plus qu'un simple décor au service de leur talent. Elle nous offre en passant des répliques savoureuses tel que le "T'as du clitoris, j'aime bien" que balance Rebecca à Dounia pour saluer son audace, en lieu et place de l'habituel "tu as des couilles" Ou encore le très gourmand "Il me matait comme un big mac au milieu du ramadan" . Mention spéciale aux prises de vue aérienne pendant les scènes de danse, les images sont impeccables et la beauté de la danse est plus intense. Vais-je m'attarder sur l'alternance juste et parfaite du rythme ? non, je vais attendre sagement vos retours à vous car je pourrais parler de ce film pendant des heures tant il m'a plu.Youngiftedandblack
Ce sera tout pour le moment les YGB, je vous dis à tantôt les amours

xoxo 


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3 commentaires:

  1. Définitivement conquise par cette critique (la seconde positive en 15 minutes) !

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